Mémoire d'avenir

Publié le par David

Saviez-vous que l'ensemble des archives nationales était accessible au public ? Du Second Empire au XXième siècle, l'exigence est restée la même : restituer au grand public ce qui lui appartient à travers des manifestations de haute tenue ou pour reprendre l'expression d'Antoine Vitez, pratiquer "l'élitisme pour tous". Pour preuve, lorsque vous allez visiter la dernière exposition temporaire aux Archives nationales, vous avez droit à un petit livret  illustré de 160 pages décrivant toutes les pièces exposées ainsi que l'ensemble des textes introduisant chacun des thèmes.



Les archives désignent un ensemble de documents produits ou reçus par toute personne physique ou morale, et par tout service ou organisme public ou privé, dans l'exercice de leur activité (loi du 3 janvier 1979). Les archives sont aussi bien des parchemins, des dossiers, des livres, des cartes, des gravures, des photographies, mais aussi des objets, médailles, monnaie et armes. Des pièces, qui pour la plupart n'avaient qu'une valeur administrative à l'époque, sont aujourd'hui des trésors inestimables.

Les supports des écrits ont beaucoup évolué avec le temps. C'est par des exemples des plus anciens documents que commence l'exposition présentée actuellement aux Archives nationales situées à l'Hôtel de Soubise. On peut ainsi observer un papyrus daté du 22 juin 654, signé par Clovis II, réaffirmant les privilèges concédés à l'abbaye de Saint-Denis. Le papyrus (issu de la plante  du même nom venant d'Egypte) était un support d'écriture très utilisé dans l'antiquité. Il était en revanche très fragile et à part distingué le monogramme royal, aucun mot n'est véritablement déchiffrable. Le papyrus laisse ensuite la place au parchemin, obtenu à partir de peau d'animaux. Plus solide, on y observe les premiers sceaux. Un exemple de parchemin datant de 1059 est présenté. A partir du XIIIème siècle, le papier coton commence à être utilisé. Le plus ancien registre de ce type conservé aux Archives nationales nous est présenté. Il décrit l'activité de l'administration dans le Poitou et la Saintonge. Tous ces documents sont des manuscrits, c'est-à-dire qu'ils sont écrits à la main. Autant dire qu'il ne valait mieux pas se tromper dans la rédaction ! Pour les brouillons, il existait des tablettes de cire mêlée de poix. On y écrivait avec un stylet, et on effaçait en étalant la cire. L'ancêtre de l'ardoise magique en quelques sorte ! Les Archives nationales ont conservé 14 de ces tablettes. Aujourd'hui, face à l'accroissement de la quantité de documents administratifs, les nouvelles technologies offrent des supports moins coûteux, mais qui paradoxalement sont beaucoup plus fragiles. A cela vient s'ajouter le problème de la relecture de ces supports informatiques. Il faut donc non seulement conserver ces supports dans de bonnes conditions, mais également les appareils capables de les relire. Il est étonnant d'apprendre que certains supports réalisés il y a quelques dizaines d'année sont aujourd'hui perdus faute d'appareil pour les relire, alors que d'un autre côté certaines archives de plusieurs siècles ont un état de conservation remarquable.
















L'exposition en cours s'intéresse aux Archives nationales en elle-même. Dans la première partie une longue frise chronologique retrace l'histoire de cette institution depuis la Révolution française jusqu'à nos jours, en mettant en parallèle les événements historiques importants, les hommes clefs, les progressions scientifiques et la localisation des archives. Un reportage nous explique la diversité des archives conservées et l'objectif des Archives nationales. La deuxième partie se consacre à l'usage et aux usagers des archives. Si l'essentiel des personnes accédant aux archives sont des chercheurs, des étudiants en histoire, une part de plus en plus importante est constituée de particuliers à la recherche d'information sur leurs ancêtres ou cherchant à prouver leur nationalité française. Des dossiers de demande datant de différentes époques sont présentés, ainsi que des demandes de changement de nom (par exemple la lettre de motivation de Gustave Eiffel, dont le vrai nom était Gustave Bönickhausen). La troisième partie raconte les différents lieux occupés par les archives, à travers des plans d'époque des différents lieux ou projets, l'installation à l'hôtel de Soubise en 1808, le futur site de Pierrefitte-sur-Seine en construction en Seine St-Denis. Enfin la dernière partie présente les différents métiers des Archives nationales, avec notamment le problème de la collecte, du classement et de la description des documents archivés. Les Archives nationales doivent à la fois conserver les documents, qui pour certains, de part leur ancienneté, sont très fragiles, et d'autre part permettre leur libre consultation : à quoi bon stocker ces documents si personne ne peut y accéder.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, les Archives nationales s'intéressent essentiellement aux informations contenues dans les documents et assez peu au support en lui-même. Une grand campagne de numérisation est en cours afin de faciliter l'accès à l'ensemble des archives, notamment par le biais d'internet. De quoi assurer la continuité de la mission des archives nationales, conserver les données et les communiquer.

Une exposition intéressante à ne pas rater, très bien illustrée avec des documents issus des archives, des reportages vidéos, des explications pour introduire les différents thèmes abordés, et un magnifique petit livret, très utile pour avoir des informations complémentaires lorsqu'une pièce nous intéresse.

Informations pratiques :
  • Lieu : Archives nationales, 60 rue des Francs-Bourgeois, Paris 3ème. Métro Rambuteau (ligne 11)
  • Date d'ouverture : du 19 novembre 2008 au 15 juin 2009
  • Horaires : ouvert du lundi au vendredi de 10h à 12h30 et de 14h à 17h30, samedi et dimanche de 14h à 17h30, fermée le mardi et les jours fériés
  • Prix d'entrée : 3€ en plein tarif, 2.30€ en tarif réduit
  • Durée de la visite : environ 2h

Publié dans Histoire

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