Un peu d'art moderne

Publié le par David

Changement de registre ce week-end puisque j'ai décidé d'aller faire un tour au Musée d'Art Moderne. Depuis la fin de l'année dernière, le musée propose une nouvelle présentation de sa collection de peintures, photos, sculptures et mobiliers.

Au Musée d'Art Moderne, il y en a pour tous les goûts. On y trouve des peintures des grands peintres cubistes (Picasso, Braque, Herbin) qui ont contribué à la naissance de l'art moderne. Les objets, les personnes, les paysages sont fragmentés, recomposés en apparence de manière aléatoire. Plus loin la décomposition continue, seuls les principaux fragments sont retenus, les personnages et objets sont incomplets. Il devient plus difficile de comprendre ce que représentent les différentes peintures, les titres deviennent énigmatiques ou inattendus. Le tableau ci-dessous s'intitule "Le pigeon aux petits pois" (Picasso). Je vous laisse chercher les différentes parties du pigeon et les petits pois.


Le cubisme laisse ensuite la place au fauvisme (Derin, Matisse, Delaunay) avec des couleurs beaucoup plus vives, ne correspondant pas toujours à la réalité : Quand je mets un vert, ça ne veut pas dire de l'herbe; quand je mets un bleu, ça ne veut pas dire le ciel (Matisse).

Les tableaux ne sont pas les seuls supports utilisés par ces artistes. On retrouve également leurs oeuvres sur des vases et des assiettes. Et là, à mon grand étonnement, je découvre une assiette qui ressemble énormément à celle que j'avais réalisée quand j'étais petit et qui a longtemps été accrochée au mur de la cuisine. Faudra que je dise à mes parents de la remettre. J'ai réalisé une oeuvre d'art et personne n'est au courant. C'est dans ces moments-là que j'ai du mal à comprendre le concept d'art dans l'art moderne.

Plus loin, je reste perplexe. Devant moi se trouve un grand tableau dont le fond est une sorte de blanc cassé , et sur lequel se trouve un losange vaguement gris. ça ressemble au "Carré blanc sur fond blanc" de Malevitch mais comme celui-ci est exposé au Musée d'Art Moderne de New-York, ça doit etre quelqu'un d'autre. Je pense qu'il doit me manquer beaucoup de fragments pour comprendre ce que l'artiste a bien pu vouloir représenter. J'avoue avoir du mal à interpréter ce genre de tableaux. Je me souviens d'une explication sur un monochrome (vous savez les tableaux tout blancs, ou tout rouge, ou tout noir, bref une seule couleur), où le guide nous expliquait qu'il fallait comprendre l'oeuvre par rapport à l'espace où il se trouvait, que c'était pour ça qu'il n'y avait pas de cadre... Je reste perplexe.



Une fois sortie de la section cubisme, fauvisme, surréalisme, un nouveau monde s'ouvre à nous. On rencontre ainsi une brouette (Oscar Dominguez), des murs entiers recouverts de petits points de couleur (tous espacés de 30 cm d'après la légende). Beaucoup de tableaux ou de sculptures difficiles à comprendre, et parfois d'agréables surprises comme des peintures de Marcel Grommaire (que je ne connaissais pas du tout), ou encore Daniel Spoerri, spécialisé dans les détrompe l'oeil :



Le Musée d'Art Moderne propose également des photographies. Là aussi, tout est une question de goût. J'ai bien aimé celles de Duane Michals ou encore Paul Armand Gette qui, à travers une série de photographies, racontent une histoire, plus ou moins réaliste, comme par exemple la mort et le passage dans l'au-delà chez Michals. Je n'ai pas retrouvé cette série de photos sur le web, mais pour vous donner une idée voici Cavafy Cheats Playing Strip Poker


Bien entendu on retrouve aussi des photos pour lesquels j'ai du mal à comprendre comment on peut y associer la notion d'art. Par exemple, au début du musée, il y a toute une série de photos prises par Jean-Luc Moulène. On y retrouve des scènes du quotidien, des monuments de Paris, et on nous explique que l'artiste dynamite les lieux communs de la communication visuelle et de l'esthétique publicitaire. Il y a meme une photo de tomates éparpillées sur un fond blanc :


Après l'assiette de tout à l'heure, je commence à me demander si je n'ai pas un talent caché pour l'art moderne. A défaut de tomates, je vous propose ma propre composition à base d'oranges. Verdict ?


Pour finir ce petit tour dans le monde de l'art moderne, il ne faut pas rater la salle Raoul Dufy consacrée uniquement à sa peinture "la fée électricité" (1937). Il faut dire que celle-ci est composée de 250 panneaux.



Et voilà mon petit tour dans l'art moderne terminé. Chaque visiteur aura son propre point de vue, ses propres émotions en parcourant ce musée. Ce qui est intéressant, c'est de voir comment on peut passer d'oeuvres nous laissant totalement indifférents (les tomates, les tableaux où on a l'impression que l'artiste a voulu faire de gros pâtés sur la toile) à des oeuvres qui nous amusent (la brouette d'Oscar Dominguez, les citrons noirs d'un artiste allemand), ou encore à d'agréables surprises (le détrompe l'oeil de Daniel Spoerri). Et pendant ce temps, les personnes autour de soi regardent les mêmes oeuvres, passent en vitesse devant celles qui nous attirent, s'attardent devant celles que nous trouvons sans intérêt. Chacun y trouvera son compte.

Informations pratiques :

Publié dans Art moderne

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