Avant de commencer l'exposition en elle-même, un rapide historique nous permet de nous faire une meilleure idée des origines de notre chère capitale. Cet historique commence avec l'établissement
d'une tribue celtique sur l'ile de la Cité au IIIème siècle avant JC, jusqu'aux grands travaux d'Haussmann au milieu du XIXème. Ce rappel, illustré par quelques plans-reliefs de Paris à
différentes époques, laisse ensuite la place à une série de panneaux consacrées à la Lutèce romaine et ses principaux monuments, à savoir : le forum, les thermes, le théâtre, et l'amphithéâtre.
Les nombreuses illustrations sont l'oeuvre de
Alban-Brice Pimpaud, spécialiste de la reconstitution en images de synthèse 3D de monuments et sites
archéologiques, dont j'ai reprises certaines pour illustrer les édifices.
Le nom de notre ville nous vient d'une tribue celtique qui se serait établie sur l'ile de la Cité au IIIème siècle avant Jésus-Christ : les Parisii. La cité des Parisii (
Civitas
Parisiorum en latin) donnera plus tard le nom de Paris, au détriment du nom de
Lutetia (traduit en français par Lutèce) qui était utilisé par les Romains. Aucune information sur la
Lutèce gauloise n'est parvenue jusqu'à nous. Son existence même sur l'Ile de la Cité n'est d'ailleurs qu'une hypothèse régulièrement remise en cause.
Quoi qu'il en soit, c'est sur la rive gauche de la Seine qu'une nouvelle Lutèce, la Lutèce romaine, voit le jour en 27 avant JC. C'est le point de départ de l'exposition. L'objectif était de
contrôler et d'administrer les Parisii en les intégrant au mode de vie
à la romaine. C'est une ville sans défense qui est alors établie, suivant un quadrillage rigoureux composé de
module de 300 pieds romains sur 300 pieds (environ 88,8 mètres), le tout articulé autour d'une rue centrale : le
cardo. Cet axe Nord-Sud correspond aujourd'hui à la rue St-Jacques.
Quelques vestiges de cette époque peuvent encore être observés de nos jours, en particulier les arènes de Lutèce (l'ancien amphithéâtre) et les thermes de Cluny. En partant du fait que
l'architecture romaine était très homogène d'une ville à l'autre, et des ruines retrouvées sur place, il est possible de se faire une idée de l'organisation de la ville à ses débuts. Cette
homogénéité dans l'architecture vient du fait que les édifices sont l'expression de l'idéologie officielle et du culte impériale. Ces bâtiments sont financés par de riches notables pour le bien
de la collectivité. On parle alors d'
évergétisme.

Le monument principal dans l'organisation
romaine d'une ville est le
forum. Celui-ci remplissait différentes fonctions civiques et religieuses dans un bâtiment occupant une surface de 100 mètres sur 200. La basilique du forum
gérait les affaires matérielles, en particulier le recensement qui consistait à enregistrer la fortune et le statut civique des habitants, informations permettant d'établir la place de chacun
dans la ville. Tout autour du forum, donnant sur l'extérieur, se trouvaient de nombreuses boutiques dédiées au commerce. Le forum de Lutèce serait situé au niveau du Panthéon dans le Paris
d'aujourd'hui.

Place ensuite aux
thermes. Les thermes
de Cluny est l'un des monuments les plus emblématiques de l'architecture balnéaire gallo-romaine. Les thermes de Cluny (et ceux situés rue Guay-Lussac) sont consacrés aux bains hygiéniques, alors
que ceux situés au niveau du Collège de France sont plus des bains thérapeutiques. Le bain hygiénique romain a été rapidement adopté par les notables gaulois. Il consiste à traverser une
succession de salles où se trouvent des bains de plus en plus chauds (tepidarium, laconicum, caldarium, solium), jusqu'à atteindre un bain froid (frigidarium) marquant la fin d'un parcours
pouvant durer plusieurs heures. Le bain romain permettait de se laver, mais également de pratiquer le sport, se cultiver, se restaurer, négocier.
Toujours dans l'aspect hygiénique, les Romains étaient également connus pour
leurs latrines. Lutèce avait ainsi les latrines antiques les plus importantes de Gaulle : une pièce toute en
longueur où l'on pouvait s'asseoir sur une banquette de 50 places, chaque place espacé de 60 cm. Une petite rigole faisait circuler de manière continue de l'eau afin de pouvoir rincer l'éponge
servant à se nettoyer. Comme pour le bain hygiénique, c'était un endroit où on discuait et négociait. Il faudra attendre le XVIème siècle pour que la qualité des latrines romaines soit à nouveau
égalée.

Enfin, comment ne pas terminer ce tour d'horizon des monuments principaux de
Lutèce sans parler des deux principaux édifices de spectacle.
Le théâtre, où les acteurs mimaient ou dansaient pendant qu'un choeur chantait les textes. L'
amphithéâtre, plus connu
aujourd'hui sous le nom des
Arènes de Lutèce, dédié à des manifestations plus populaires comme les luttes de gladiateurs et les combats contre les animaux. Les arènes de Lutèce, dont il
reste encore quelques vestiges, faisaient parti des amphithéatres les plus grands de Gaulle (130 mètres sur 100), juste derrière ceux de Arles, Tours et Nîmes. Elles pouvaient accueillir jusqu'à
17.000 spectateurs, ce qui était largement supérieur aux nombres d'habitants présents à Lutèce à cette époque.
En dehors de Lutèce, on pouvait trouver également des
sanctuaires dédiés à Mars ou encore Mecure pour effectuer les rites de sacrifice. L'un de ses sanctuaires serait situé au niveau de la
butte Montmartre, à l'époque à 4km de Lutèce. Un autre aurait été retrouvé à Vanves.
A partir du IIIème siècle, on assiste à un important recul du rythme de vie de Lutèce : les incursions germaniques, l'insécurité grandissante et la crise économique de la ville entraine le déclin
de la rive gauche. Une nouvelle ville , plus facile à défendre, apparait alors sur l'ile de la Cité.
Une exposition intéressante dans le cadre atypique d'une crypte où l'on se promène en faisant le tour de ruines de l'ancien Paris. Les reconstitutions en images de synthèse des différents
monuments de Lutèce apportent un vrai plus pour bien comprendre l'organisation des différents bâtiments et leurs fonctions. Une expo à ne pas rater pour tous ceux qui s'intéressent à l'origine de
leur capitale.
Informations pratiques :
- Lieu : Crypte archéologique du parvis Notre-Dame, 7, parvis Notre-Dame (métro Cité ou St-Michel, ligne 4, St-Michel, ligne B)
- Site web de l'exposition : http://www.paris.fr
- Horaires : ouvert tous les jours sauf lundi et jours fériési, de 10h à 18h
- Prix d'entrée : 3.20€ en plein tarif, 2.20€ en tarif réduit, 1.60€ en tarif jeune
- Durée : compter environ 1h30 en comptant la rediffusion d'un documentaire de 26 minutes réalisé par "Des racines et des ailes" diffusé le 21 janvier dernier.