Rapa Nui, l'île de Pâques

Publié le par David


La fondation EDF propose depuis le 19 novembre jusqu'au 1er mars une exposition consacrée à l'île de Pâques (Rapa Nui dans la langue māori). C'est l'occasion de mieux découvrir cette île perdue au milieu du Pacifique, célèbre pour ses statues monumentales. C'est d'ailleurs une reproduction d'un de ces moaïs qui nous accueille lorsque nous arrivons à l'exposition !






L'exposition s'attache tout d'abord à nous présenter la position de cette île, grande comme deux fois Paris, et l'origine de ses habitants. En langue māori, Rapa Nui signifie "la grande lointaine". En effet, la carte proposée décrit très bien pourquoi cette île est considérée comme le territoire habité le plus isolé du monde : 3700 km d'océan la sépare du Chili (plus proche voisin à l'est), 2000 km de l'île Pitcairn (plus proche île habitée à l'ouest), 8000 km d'Hawaï (au nord-ouest). Il a fallu toute l'habilité et les connaissances en matière d'astronomie, météorologie et océanographie des Polynésiens pour la découvrir puis revenir la coloniser dans les années 900. Elle sera redécouverte par les Européens en 1722, le jour de Pâques, d'où le nom sous laquelle nous la connaissons tous. Ahhh, ces Européens qui renomment ce qui a déjà un nom en considérant uniquement leur propre point de vue !

Le contrôle de l'île était réparti entre différentes tribues, chaque tribue ayant son propore territoire. Les territoires se rejoignaient au centre de l'île en un lieu sacré. Chaque territoire était découpée en bandes de terre, chaque bande étant affectée à une famille aristocratique. Ce découpage permettait un accès à chaque famille à l'ensemble des maigres ressources proposées par l'île ainsi qu'un accès au littoral. Cet attachement à la mer se reflétait également dans leur maison toute en longueur (à peine plus de 2 mètres de large mais longue de plusieurs dizaines de mètres) construite en forme de bâteau.


Nous arrivons ensuite à ce qui intéresse principalement les curieux que nous sommes : les statues moaïs géantes ! Nous apprenons que toutes ces statues ont été sculptées en un endroit unique : Rano Raraku, située sur les flans et dans le cratère d'un volcan. On dénombre plus de 800 statues. D'ailleurs la plupart d'entre elles n'ont jamais quitté ce lieu. Seules un peu plus de 250 statues ont été déplacées en différents points de l'île, et parfois à plusieurs reprises ! La plupart d'entre elles regardent vers l'intérieur des terres, le dos tourné à la mer. D'ailleurs la statue moaï ouvrant l'exposition tournait le dos à la porte d'entrée. Certaines sont debouts, d'autres couchées, d'autres ensevelies, achevées ou inachevées, pesant parfois plusieurs tonnes et hautes de plusieurs mètres. C'est l'occasion d'apprendre que le mystère de leur fabrication et de leur transport a été résolu !!! Je ne vous dirai pas comment (à vous de le découvrir en visitant l'exposition !). Tout ce que je peux vous dire, c'est que l'explication est bien entendu parfaitement rationnelle et n'a rien de mystique !

La dernière partie du rez-de-chaussée décrit la plus grande catastrophe ayant frappé l'île au XVII ème siècle : une importante sécheresse entre 1600 et 1640 qui, cumulée avec l'isolement important de l'île, a entrainé la disparition des 3/4 des espèces d'arbres et végétaux. Ce n'est donc pas une mauvaise gestion des ressources naturelles qui a rendu cette île pratiquement désertique. Or c'est justement ce qu'affirmait ... EDF (!!!) dans un spot publicitaire diffusé à la télévision en 2007. C'est d'ailleurs suite à l'émotion suscitée par cette affirmation erronée que cette exposition est née, pour rendre en quelque sorte justice au peuple de Rapa Nui.


Toutes ces explications, accompagnées de nombreuses photos, cartes et illustrations, constituent l'essentiel du rez-de-chaussée. Le premier étage propose un point de vue différent en mettant en avant le côté artistique de ce peuple. Nous pouvons y voir différentes formes de statue : moaï kavakava, moaï moko, moaï tangata, représentant des hommes, des femmes ou des hybrides entre hommes et animaux. Des pagaies cérémonielles (ao), des bâtons longs (ua), des coiffures en plume pour le chef du village, sont également exposées. Le 1er étage propose également une rapide histoire de l'île en terme d'évolution de la population, et des différentes rencontres (plus ou moins heureuses) avec les différentes expéditions qui ont croisée sa route.





Enfin, le sous-sol consacre une salle à l'écriture rongorongo ("bois parlant") que l'on a retrouvée sur des plaquettes en bois. Cette écriture reste non déchiffrée et est unique dans son genre puisque la culture polynésienne est essentiellement orale. Ces tablettes se lisent de bas en haut, et pour chaque ligne de gauche à droite. Avec une particularité originale : une fois une lignée terminée, il faut faire pivoter la plaquette de 180° pour lire la ligne suivante !



Une autre salle du sous-sol diffuse trois reportages : un reportage d'une expédition franco-belge au début du XXème siècle, un reportage sur la cuisine au four pascuan, une méthode pour faire cuire différents types d'aliments grâce à des pierres chauffées, de la terre, de grandes feuilles d'arbres, des bâches, le tout nécessitant une préparation relativement longue, et enfin un reportage sur la réintroduction du Toromiro, un arbre sacré qui avait complètement disparu de l'île au milieu du siècle précédent et qui est progressivement réintroduit depuis une dizaine d'année grâce à des graines précieusement conservées.


Le temps de dire un dernier au revoir à la statue moaï, et voici une visite très intéressante terminée. Je ne peux que vous encourager à aller la visiter ! Pour conclure, j'ai été agréablement surpris par la qualité de cette exposition. Je ne savais pas que la fondation EDF organisait ce type d'événement. Je suivrai avec attention s'ils proposent d'autres expositions de ce genre plus tard dans l'année.


Informations pratiques :
  • Lieu : Espace Fondation EDF, 6 rue Récamier dans le 7ème. Métro Saint-Sulpice (ligne 4)
  • Site web de l'exposition : Fondation EDF
  • Horaires : ouvert tous les jours sauf le lundi et jours fériés, de 12h à 19h
  • Prix d'entrée : gratuit !!!
  • Durée : compter 1h30/2h en incluant les différentes projections

Publié dans Civilisation

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Les Buzz culturels 29/08/2010 04:19


L'exposition, île de Pâque, est arrivée à Montréal, Québec (Canada)

Venez lire ma critique de l'exposition :)