Jeudi 15 janvier 2009 4 15 /01 /Jan /2009 08:00
Je pense que, tout comme moi, la plupart d'entre vous n'ont jamais entendu parler de Dunhuang et n'ont aucune idée de l'endroit où cette ville se trouve. Pourtant, celle-ci occupait une place stratégique dans la route de la soie. Située à l'est du désert de Taklamakan, Dunhuang était le point de départ des deux routes caravanières contournant ce redouté désert : l'une se dirigeant vers le nord, l'autre vers le sud. Ces routes se sont établies grâce à la présence d'oasis situées à la périphérie du désert.


L'histoire des grottes de Dunhuang est intimement liée à la route de la soie. Traverser le désert, même à sa périphérie, était un voyage pour le moins dangereux d'un point vue climatique et par les brigands et nombreux conflits qui y régnaient. A partir du IVème siècle, des voyageurs adeptes du bouddhisme se sont mis ainsi à creuser les premières grottes, recouvrant les parois de peinture, sculptant des représentations du Bouddha ou de Bodhisattva, de manière à pouvoir se recueillir et méditer avant d'entamer ce périlleux voyage. Plus de mille temples ont ainsi été établis. Avec la mise en place de routes maritimes au XVème siècle, la route de la soie perdit peu à peu de son importance ainsi que la ville de Dunhuang. Il faudra attendre le XIXème siècle pour que ces grottes soient redécouvertes et leurs trésors mis à jour.



Outre les représentations que j'ai déjà évoquées dans le billet précédent, l'exposition présente de nombreux autres objets retrouvés dans les grottes comme des peintures racontant l'histoire du Bouddha, des objets bouddhistes ainsi qu'une collection impressionnante de manuscrits. C'est d'ailleurs dans les grottes de Dunhuang qu'a été retrouvé l'un des plus anciens livres imprimés de l'histoire : le Sutra de diamant. Celui-ci est daté de 868.






















De nombreuses représentations du Bouddha ou du Bodhisattva ont plus d'une paire de bras. Je ne résiste pas au plaisir de vous montrer en conclusion le bodhisattva avalokitesvara aux 1000 bras et 1000 yeux ! Je ne les ai pas tous compté un par un, mais une première approximation confirmerait largement ces chiffres !



Pour conclure cette description en deux parties de l'exposition "Trésors de Dunhuang", je dirais que c'est une exposition très intéressante pour peu qu'on accepte d'y consacrer un peu de temps avant (de préférence) ou après (faute de mieux) sa visite pour se documenter un peu plus. La collection d'objets présente au Musée Guimet est vraiment impressionnante et mérite le détour. L'idée d'une exposition-parcours est intéressante et met bien en valeur la richesse des objets exposés. Par contre il faut faire attention à ne pas trop dériver vers les autres salles. Il m'est arrivé par deux ou trois fois de me rendre compte que je n'étais plus dans le parcours. De plus il est à mon sens préférable de commencer par la dernière salle afin de voir les photos des grottes en elle-même. Compte-tenu des réactions dans la salle au moment où j'y étais, je pense ne pas être le seul à être de cet avis.

Informations pratiques :
  • Lieu : Musée national des Arts asiatiques Guimet, 6 place d’Iéna (métro Boissière, ligne 6, ou Iéna, ligne 9)
  • Site web de l'exposition : http://www.guimet.fr/Tresors-de-Dunhuang-mille-ans-d
  • Horaires : ouvert tous les jours sauf le mardi, de 10h à 18h
  • Prix d'entrée : 7€ en plein tarif, 5€ en tarif réduit
  • Durée : compter entre 1h00 et 2h30, si vous décidez de faire un petit tour dans les autres salles


Par David - Publié dans : Asie
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Lundi 12 janvier 2009 1 12 /01 /Jan /2009 08:00
Le musée Guimet propose jusqu'à fin février une exposition dédiée à l'art bouddique entre le Vème et le XVème siècle, en mettant en avant les vestiges trouvés dans les grottes de Dunhuang. Je gardais un avis mitigé sur le musée Guimet que j'avais déjà eu l'occasion de visiter il y a quelques années. La collection d'objets disponibles était particulièrement impressionnante. En revanche, je trouvais que tout cela manquait d'explications et de liens avec le contexte historique d'origine de ces objets. Organisé sous la forme d'une exposition-parcours, j'étais donc curieux de voir le résultat.

L'exposition est organisée sous la forme d'une exposition-parcours, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de salles dédiées à l'exposition mais un parcours proposé à travers certaines salles (9 en tout) et une signalétique particulière indiquant les salles et objets faisant partis de l'exposition. Personnellement je recommande de commencer par la salle 9 présentant des photographies des fameuses grottes de Dunhuang prises au début du XXème siècle, au moment de leur découverte. Ceci permet de mieux se rendre compte du lieu où les objets des autres salles ont été retrouvées.
La signalétique mise en place permet de comprendre le contexte de l'époque : la route de la soie, les différentes dynasties chinoises, l'évolution de l'art bouddhique à travers cette période. Par contre, j'ai trouvé qu'il y avait peu d'explications sur les sculptures et peintures, ainsi que sur la religion bouddhique. Autant le dire tout de suite, le musée n'a pas tellement changé au niveau de son ouverture au grand public. Il faut donc venir avec un minimum de connaissances ou de préparation pour profiter pleinement de l'exposition, ce qui est un peu dommage pour un musée je trouve !

Le communiqué de presse présente le contexte de cette exposition de cette manière : Les grottes Mogao ("Eminence sans pareil") - également dénommés "grottes des Mille Buddhas" - forment un système de 492 chapelles rupestres près de Dunhuang, vaste oasis du désert de Gobi dans la province chinoise occidentale du Gansu. Taillées dans la falaise elles abritent aujourd'hui un ensemble de statues et de peintures murales formant "le plus grand trésor d'art bouddique au monde". Des répliques des sculptures et des peintures murales des grottes en taille réelle et en trois dimensions sont présentées au Centre culturel de Chine.

Pour bien comprendre les objets exposés, il faut avoir un minimum de connaissances dans le bouddhisme. La première chose que j'ai donc faite en rentrant chez moi a été de comprendre les liens entre tous ces personnages évoquées. Voici donc une courte définition extraite de wikipedia de chaque personnage que l'on peut rencontrer tout au long de l'exposition :
  • Bouddha (l'Éveillé), désigne une personne ayant, notamment de par sa sagesse (prajna), réalisé l'éveil, c'est-à-dire atteint le nirvāna (la fin de l'ignorance et du vouloir vivre), ou transcendé la dualité samsara (le cycle infini des renaissances, condamnant l'homme à souffrir en vain).
  • Arhat, désigne celui qui a atteint le dernier niveau de la sagesse grâce à l'enseignement, contrairement au bouddha qui l'a atteint par lui-même. Cependant, un Arhat est souvent considéré comme un Bouddha à part entière.
  • Bodhisattva (l'Être d'éveil), désigne celui qui a formé le vœu de suivre le chemin indiqué par le bouddha Shākyamuni, a pris le refuge auprès des trois joyaux (bouddha, dharma et samgha) et respecte strictement les disciplines destinées aux bodhisattvas, pour atteindre d'abord son propre éveil et aider ensuite les autres êtres sensibles à s'éveiller. Il doit s'entraîner pour devenir Bouddha.
  • Les disciples, acceptent le Bouddha comme son enseignant, suivent l'enseignement du Bouddha (Dhamma), respectent les règles de conduite du Bouddha.La différence avec le Bodhisattva est que ce dernier oeuvre au salut de tous les êtres et non uniquement de lui-même.
  • Les moines, doivent s’efforcer d’acquérir un vaste savoir et une profonde compréhension de tout ce que le Bouddha a enseigné. Il doit pratiquer l’Enseignement, observer la Vertu, renforcer la Vigilance, et développer la Sagesse. Il comprendra alors les Enseignements du Bouddha selon ce qu’il en aura pratiqué. Et enfin, en fonction de ses capacités et ses inclinations, il pourra enseigner, soit par son propre exemple, soit en prêchant ou encore en écrivant des livres.
  • Roi céleste, désigne le gardiens des horizons et de la loi bouddhique. Ils sont au nombre de quatre et sont associés aux quatre points cardinaux : est, sud, ouest, nord.
  • Rois naga. Les Naga - serpents anthropomorphes - sont présents sur certains des premiers bas-reliefs bouddhiques au IIe siècle avant notre ère.
  • L'orant est un personnage représenté dans une attitude de prière, souvent agenouillé. Ici la représentation d'une femme.
  • Les gardiens de porte sont chargés de garder l'entrée des temples et monastères.
Dans un prochain billet je présenterai d'autres objets que l'on peut découvrir au cours de cette exposition. A bientôt !
Par David - Publié dans : Asie
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Lundi 5 janvier 2009 1 05 /01 /Jan /2009 08:00

La fondation EDF propose depuis le 19 novembre jusqu'au 1er mars une exposition consacrée à l'île de Pâques (Rapa Nui dans la langue māori). C'est l'occasion de mieux découvrir cette île perdue au milieu du Pacifique, célèbre pour ses statues monumentales. C'est d'ailleurs une reproduction d'un de ces moaïs qui nous accueille lorsque nous arrivons à l'exposition !






L'exposition s'attache tout d'abord à nous présenter la position de cette île, grande comme deux fois Paris, et l'origine de ses habitants. En langue māori, Rapa Nui signifie "la grande lointaine". En effet, la carte proposée décrit très bien pourquoi cette île est considérée comme le territoire habité le plus isolé du monde : 3700 km d'océan la sépare du Chili (plus proche voisin à l'est), 2000 km de l'île Pitcairn (plus proche île habitée à l'ouest), 8000 km d'Hawaï (au nord-ouest). Il a fallu toute l'habilité et les connaissances en matière d'astronomie, météorologie et océanographie des Polynésiens pour la découvrir puis revenir la coloniser dans les années 900. Elle sera redécouverte par les Européens en 1722, le jour de Pâques, d'où le nom sous laquelle nous la connaissons tous. Ahhh, ces Européens qui renomment ce qui a déjà un nom en considérant uniquement leur propre point de vue !

Le contrôle de l'île était réparti entre différentes tribues, chaque tribue ayant son propore territoire. Les territoires se rejoignaient au centre de l'île en un lieu sacré. Chaque territoire était découpée en bandes de terre, chaque bande étant affectée à une famille aristocratique. Ce découpage permettait un accès à chaque famille à l'ensemble des maigres ressources proposées par l'île ainsi qu'un accès au littoral. Cet attachement à la mer se reflétait également dans leur maison toute en longueur (à peine plus de 2 mètres de large mais longue de plusieurs dizaines de mètres) construite en forme de bâteau.


Nous arrivons ensuite à ce qui intéresse principalement les curieux que nous sommes : les statues moaïs géantes ! Nous apprenons que toutes ces statues ont été sculptées en un endroit unique : Rano Raraku, située sur les flans et dans le cratère d'un volcan. On dénombre plus de 800 statues. D'ailleurs la plupart d'entre elles n'ont jamais quitté ce lieu. Seules un peu plus de 250 statues ont été déplacées en différents points de l'île, et parfois à plusieurs reprises ! La plupart d'entre elles regardent vers l'intérieur des terres, le dos tourné à la mer. D'ailleurs la statue moaï ouvrant l'exposition tournait le dos à la porte d'entrée. Certaines sont debouts, d'autres couchées, d'autres ensevelies, achevées ou inachevées, pesant parfois plusieurs tonnes et hautes de plusieurs mètres. C'est l'occasion d'apprendre que le mystère de leur fabrication et de leur transport a été résolu !!! Je ne vous dirai pas comment (à vous de le découvrir en visitant l'exposition !). Tout ce que je peux vous dire, c'est que l'explication est bien entendu parfaitement rationnelle et n'a rien de mystique !

La dernière partie du rez-de-chaussée décrit la plus grande catastrophe ayant frappé l'île au XVII ème siècle : une importante sécheresse entre 1600 et 1640 qui, cumulée avec l'isolement important de l'île, a entrainé la disparition des 3/4 des espèces d'arbres et végétaux. Ce n'est donc pas une mauvaise gestion des ressources naturelles qui a rendu cette île pratiquement désertique. Or c'est justement ce qu'affirmait ... EDF (!!!) dans un spot publicitaire diffusé à la télévision en 2007. C'est d'ailleurs suite à l'émotion suscitée par cette affirmation erronée que cette exposition est née, pour rendre en quelque sorte justice au peuple de Rapa Nui.


Toutes ces explications, accompagnées de nombreuses photos, cartes et illustrations, constituent l'essentiel du rez-de-chaussée. Le premier étage propose un point de vue différent en mettant en avant le côté artistique de ce peuple. Nous pouvons y voir différentes formes de statue : moaï kavakava, moaï moko, moaï tangata, représentant des hommes, des femmes ou des hybrides entre hommes et animaux. Des pagaies cérémonielles (ao), des bâtons longs (ua), des coiffures en plume pour le chef du village, sont également exposées. Le 1er étage propose également une rapide histoire de l'île en terme d'évolution de la population, et des différentes rencontres (plus ou moins heureuses) avec les différentes expéditions qui ont croisée sa route.





Enfin, le sous-sol consacre une salle à l'écriture rongorongo ("bois parlant") que l'on a retrouvée sur des plaquettes en bois. Cette écriture reste non déchiffrée et est unique dans son genre puisque la culture polynésienne est essentiellement orale. Ces tablettes se lisent de bas en haut, et pour chaque ligne de gauche à droite. Avec une particularité originale : une fois une lignée terminée, il faut faire pivoter la plaquette de 180° pour lire la ligne suivante !



Une autre salle du sous-sol diffuse trois reportages : un reportage d'une expédition franco-belge au début du XXème siècle, un reportage sur la cuisine au four pascuan, une méthode pour faire cuire différents types d'aliments grâce à des pierres chauffées, de la terre, de grandes feuilles d'arbres, des bâches, le tout nécessitant une préparation relativement longue, et enfin un reportage sur la réintroduction du Toromiro, un arbre sacré qui avait complètement disparu de l'île au milieu du siècle précédent et qui est progressivement réintroduit depuis une dizaine d'année grâce à des graines précieusement conservées.


Le temps de dire un dernier au revoir à la statue moaï, et voici une visite très intéressante terminée. Je ne peux que vous encourager à aller la visiter ! Pour conclure, j'ai été agréablement surpris par la qualité de cette exposition. Je ne savais pas que la fondation EDF organisait ce type d'événement. Je suivrai avec attention s'ils proposent d'autres expositions de ce genre plus tard dans l'année.


Informations pratiques :
  • Lieu : Espace Fondation EDF, 6 rue Récamier dans le 7ème. Métro Saint-Sulpice (ligne 4)
  • Site web de l'exposition : Fondation EDF
  • Horaires : ouvert tous les jours sauf le lundi et jours fériés, de 12h à 19h
  • Prix d'entrée : gratuit !!!
  • Durée : compter 1h30/2h en incluant les différentes projections
Par David - Publié dans : Civilisation - Communauté : Blog Culturel
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Vendredi 2 janvier 2009 5 02 /01 /Jan /2009 15:13
Cher visiteur,

Tu trouveras sur ce blog une description des différentes expositions que j'aurais eu l'occasion de visiter sur Paris. Ces sorties culturelles ayant lieu principalement le dimanche, reviens en début de semaine pour lire le premier compte-rendu !

A bientôt
Par David
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